Or, quand je l'avais appelée, pas de réponse, ce qui était inhabituel, elle qui, dans le jardin, courait toujours me rejoindre en miaulant joyeusement, à l'inverse de Chipie qui fait semblant de regarder en l'air avant de revenir très, très lentement mais sûrement avant que je ne ferme la porte ! En fait, il ne s'agissait pas du tout de Tara, mais d'un chat tout blanc-crème, qui s'était tranquillement assis pour observer de loin notre maison.
Chipie et lui ont pris l'habitude de se rencontrer sur ce muret.
La facilité avec laquelle on pouvait le prendre dans nos bras laissait supposer que c'était un chat domestique. Je ne l'avais jamais vu dans le quartier. Il était incroyablement doux et calme, très réceptif aux ordres et aux câlins aussi. Son apparence était plutôt soignée, et il ne sortait jamais ses griffes pour se débattre ou jouer... A croire qu'il avait côtoyé des enfants.
Ses allées et venues ont duré ainsi une quinzaine, il venait tôt le matin guetter Chipie qui lui plaisait bien, manger, faire la sieste n'importe où dans la maison qu'il connaissait par cœur maintenant, sachant même "frapper" au carreau de mon arrière-cuisine pour que je lui ouvre, alors que jamais les filles n'ont eu accès au jardin arrière non clôturé, qui donne sur les champs voisins puis la mer. En tout cas, on ne sait pas si elles y sont allées hors de notre surveillance, je n'ouvre jamais les portes de cette façade pour elles. C'était un soir, il faisait déjà nuit, et il avait faim ! En général, il repartait je ne sais où dès la nuit tombée. Ce soir-là, il était très tard, je pensais qu'il resterait dormir. Mais il a réclamé à partir après s'être restauré. Cela m'a rappelé Jolicoeur, mais, à l'inverse de celui-ci, l'inconnu n'avait pas l'air d'un chat livré à lui-même. On se demandait à qui il pouvait appartenir, j'ai interrogé les voisins limitrophes, personne ne savait. On a supposé qu'il avait peut-être été abandonné, lui aussi, comme Tara, par des résidents secondaires qui seraient repartis sans lui après les vacances de la Toussaint.

Un soir d'orage, il s'est manifesté à la porte-fenêtre du bureau d'Oli, tout trempé, en sautant sur la vitre et en miaulant de tout son coffre. Comme il était presque une heure du matin, on en a conclu qu'il n'avait pas de gîte où s'abriter. Après avoir fait sa toilette, il s'est installé pour prendre ses aises et dormir. Les filles le toléraient bien, Tara avec indifférence, filant droit retrouver son amoureux chez le voisin dès la porte ouverte, Chipie, elle, traînant près du muret en attendant Totolino. Dans la maison, il cherchait toujours une place près d'elle, pendant que Tara ne songeait qu'à son débardeur des halles pas très aimable avec nous.
Du coup, nous voilà encore partis dans des projets d'adoption de ce chat vagabond, qu'on a appelé Totolino, dit Toto, nom auquel il ne répondait absolument pas, bien sûr, les premiers temps. On s'était donné une quinzaine de jours pour réfléchir à ce qu'on allait faire de lui, d'autant plus que c'était déjà un beau mâle qui n'était pas opéré.
"Mais quel âge as-tu donc, Totolino ? Comme dirait le véto, tu as ce qu'il faut, où il faut, ce serait temps de te faire opérer ! Euh, en attendant, tu ne fais pas pipi partout chez moi, hein ?!"
Un mois a ainsi passé, quand, un soir on prit enfin la décision de l'emmener chez le véto le lendemain pour savoir s'il était identifié, et, dans la négative, pour le faire opérer en vue de son adoption, tout en restant quand même très dubitatifs sur le fait qu'il soit "errant". Et si on passait d'abord une annonce pour savoir s'il a des maîtres ?
On ne l'a jamais revu.
Ses maîtres étaient-ils revenus dans leur résidence secondaire, l'avaient-ils récupéré ? C'est tout ce qu'on espérait pour lui, tandis qu'on avait fait un tour dans le quartier pour voir s'il n'y avait pas eu d'accident de chat sur le bord des routes...
Tant de questions sans réponse, face à une situation qui n'est pas inhabituelle ici où on nous raconte que, souvent, quand les gens n'arrivent pas à faire rentrer leurs chats le jour du départ, ils n'hésitent pas à les laisser sur place en sachant qu'ils "sauront se débrouiller" ou "trouveront toujours une maison charitable", les plus responsables prévenant toutefois les voisins, les autres faisant l'autruche, s'en fichant complètement, comme si un chat avait forcément la capacité de survivre dans la nature. Ce fut d'ailleurs le cas de notre adorable Tara, que je raconterai ultérieurement.
Quelle drôle de conception de la responsabilité d'avoir un animal. Il m'est bien arrivé des fois de retarder mes départs de quelques heures, voire de les remettre au lendemain, quand mes chats ne rentraient pas à temps, ou alors je ne les laisse pas sortir le jour où on doit prendre la route avec eux...
Depuis le départ de Totolino, qui nous a laissés bien tristes car on s'étaient attachés à lui, sans toutefois que ce fût la même chose qu'avec Tara, car il n'était pas encore "adopté" dans notre esprit, on espère toujours le revoir un jour revenir dans notre jardin, ou taper au carreau comme il sait si bien le faire...
"J'espère que ce n'est qu'un au-revoir, Totolino, reviens vite !"
Quelques photos de notre gentil squatter
Effectivement je crois que j'aurais craqué pour ce joli matou et fait aussi des projets d'adoption.....mais encore une fois, ce sont finalement eux qui décident.....peut être repassera t-il vous faire une petite visite.
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