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jeudi 29 septembre 2016

Tara, la philosophe


Colibri : Tara passe beaucoup de temps sur mes genoux. Quand je travaille, elle ralentit mon rythme et me déconcentre car elle réclame tout le temps des caresses, ce n'est pas bon  pour mon chiffre d'affaires !!! On l'a surnommée "Miss Cocolle", et parfois je l'appelle encore "Tadosse", son surnom à l'arrivée chez nous, tellement elle était maigre. Il lui manquait, selon le véto, au moins 500g sur les os pour atteindre un poids normal. Aujourd'hui, elle les a acquis. Il faut dire qu'elle dévore, même le foie de lapin que tous mes chats à ce jour dédaignaient. "Princesse" lui va bien aussi !



Tara : "Ah... Je t'empêche de travailler... Bon, qu'à cela ne tienne, je vais voir dans le bureau d'à côté..." 


Tara : "Oh la la, il est trop bavard son client, abrège, abrège, dis lui que tu as plus urgent à faire, c'est-à-dire jouer avec moi !"
En elle-même : Mais qu'est-ce qu'ILS ont tous à parler de boulot... D'abord, ça veut dire quoi, "travailler" ?
Colibri : "Ma petite Tara, "l'homme se fait en faisant quelque chose". Et certes, si notre premier salaire est la satisfaction qu'on tire de notre travail, celui-ci nous permet surtout de remplir ta gamelle !!!"

Tara : "Mouais... Vu sous cet angle... Je devrais peut-être les laisser travailler un peu..., beaucoup, passionnément !"

dimanche 28 août 2016

la vie continue, ou Tara la nouvelle

Je m'appelle Tara, nom qu'a choisi de me donner Colibri, chez qui je viens d'arriver, alors qu'elle ne m'attendait pas vraiment. Mais on lui a demandé un sauvetage, elle a hésité à cause de mon âge (1 an et demi), de mon histoire : abandonnée il y a deux mois par des résidents secondaires qui sont repartis sans moi, j'ai erré dans mon ancien quartier en quête de nourriture que les uns et les autres voulaient bien me donner ; une gentille dame blonde me nourrissait régulièrement, je voulais squatter chez elle, mais elle avait déjà deux chats à elle plus celui de sa fille qu'elle gardait, je leur crachais dessus, jalouse de leurs privilèges croyait la dame, mais, en fait, j'étais "pleine" d'un gros matou sauvage qui traînait par là et qui ne m'avait pas demandé mon avis, et je voulais protéger les petits (cinq !) que j'avais dans le ventre ! Bref, la gentille dame devait bientôt repartir à Paris et cela la chagrinait que je me retrouvasse à nouveau en errance. Déjà que je n'ai que la peau sur les os, bien qu'elle m'ait bien nourrie pendant ces temps-ci, je ne résisterais pas longtemps à la misère quand l'hiver viendra...
Colibri était d'accord pour m'adopter, même si elle aurait préféré choisir elle-même un chaton en octobre prochain. Elle n'avait pas beaucoup de place dans son programme d'août pour m'emmener et me faire suivre par un vétérinaire. Aussi, les deux femmes se sont mises d'accord pour que la gentille blonde s'occupe de moi jusqu'à son départ mais aux frais de Colibri, qui a voulu que le vétérinaire m'opère, me fasse les vaccins, le tatouage et tutti quanti ! Bref, voici quinze jours que je fais des allers-retours chez un drôle de monsieur en blouse bleue. Mon ventre est moins rond, j'ai des fils et des agrafes que j'arrache comme je peux, on me donne des cachets "appétence" que j'avale sans difficulté, on me passe de la pommade et on me masse sans que je proteste. La gentille dame blonde s'est occupée de moi comme d'une princesse, cela ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps...
Aujourd'hui, Colibri est allée me chercher chez la dame, qui a presque pleuré en me voyant partir dans la cage à chat. Je me demandais ce qui m'arrivait encore, mais comme j'avais déjà rencontré Colibri une fois et que je l'avais trouvée gaga des chats, je n'ai pas beaucoup miaulé dans la voiture. Ah, heureusement qu'il y a de gentils Humains pour rattraper d'autres... Il paraît que cet été a battu les records d'abandon...
Je suis arrivée dans une grande maison. A travers la cage, on m'a présentée une vieille fille répondant au nom de Chipie, elle le porte bien son nom, elle m'a craché dessus !!!
Puis je suis partie en isolement dans le bureau de Colibri où elle avait déjà tout installé pour mon confort : une corbeille toute neuve, de la litière, des gamelles. J'ai mangé et bu sans complexe, j'ai essayé le canapé, la corbeille, et même la litière. Ensuite, j'ai collé aux basques de Colibri tout le temps. Il faut dire que je suis en manque d'affection, et que j'ai peur d'un nouvel abandon. Alors je préfère me manifester pour qu'on ne m'oublie pas ! En ce moment même, je suis sur les genoux de Colibri pendant qu'elle écrit sous ma dictée, voyez comme je me sens déjà chez moi !
On trouve que j'ai de jolis yeux bleus, que je suis hyper câline ; je ronronne tout le temps, et j'ai un regard si doux, je suis, en un mot, craquante ! ILS ont de la chance, d'avoir pu m'adopter !
Bon, j'espère que la Chipie sera moins hostile demain. Colibri dit que c'est la première fois qu'elle "crache" contre un autre chat qui vient dans la maison. Sentirait-elle que la concurrence va être rude avec une minette aussi jolie et gentille que moi ?
Colibri : "Tara, il te manque un kilo de chair sur les os pour être très, très belle ! Et j'espère que tu auras aussi perdu ton air triste dans deux petits mois, et que, euh... tu seras moins cocolle que Zeb, parce que travailler avec un chat sur les genoux, ce n'est pas très productif, et j'ai perdu l'habitude !"
 
Memo : c'est toujours difficile de choisir un nom pour un chat. J'en voulais un qui soit bien distinct de Chipie, pour qu'elles répondent bien à leur nom quand je les appelle. Il fallait donc des voyelles sonnant différemment.
Tara serait une gouttière mâtinée de siamois, d'après le véto... 
 

lundi 15 août 2016

adieu à un ami très cher

Aujourd'hui disparaît de la vie de la toile Aristote, un ami qui était très cher à mon Zeb parti bien trop tôt pour moi mais à un âge presque canonique pour un chat (20 ans). Aristote était omniprésent sur les blogs de Sacha, une amie virtuelle de mes premières heures de blogueuse. Vous trouverez sur le blog de Sacha, ICI, en cliquant sur le lien, un billet tout en délicatesse où elle a trouvé des mots magnifiques pour parler d'Aristote qui était, comme mon Zeb, un membre de sa famille à part entière, tout en étant entièrement à part : chaque chat est unique, comme on le sait, mais certains sont plus présents que d'autres dans tous les instants de notre vie, partageant celle-ci à chaque pas. Tel le faisait Aristote, dont toutes les photos publiées sur le blog de Sacha dans son dernier billet me rappellent tant les attitudes de mon cher Zeb, qui m'a laissée bien désemparée à son départ, à tel point qu'aujourd'hui encore il n'y a pas un instant dans la journée où je ne pense à lui. Je l'appelais Monsieur La Glu, c'est pour vous dire que c'est normal qu'il me manque "épidermiquement",
lui qui savait si bien m'entourer de ses bras quand il dormait sur mes genoux pendant que je travaillais...

...ou qui adorait se coller contre mon dos pour faire la sieste quand je lisais dans la bibliothèque...

... mon petit prince...


... avec ses grands yeux ouverts sur notre monde qu'il a quitté sans souffrance longue et inutile.
Aujourd'hui, je suis sûre qu'il est déjà en train de guetter l'arrivée d'Aristote pour l'emmener gambader avec lui dans les vertes prairies de la vallée merveilleuse où il vit désormais au-delà de l'Arc-en-ciel...

mercredi 10 février 2016

lendemain de tempête

Colibri : "La tempête a bien sévi dans notre région, tout au long de la semaine, avec un pic ces deux derniers jours. Chipie a un gros rhume et n'est pas sortie beaucoup. Entre deux averses et deux tombées de grêle, elle s'y risquait un peu, à peine quelques minutes, histoire de nous faire attraper froid en laissant la fenêtre ouverte pour elle ! Car je ne sors avec elle que lorsqu'il fait beau. Elle s'attarde alors volontiers, soit pour jardiner avec moi, soit pour musarder pendant que je repense le jardin.
Ce matin, le calme est revenu. Elle m'a suivie volontiers pour constater les dégâts. Le sol est détrempé. Le vent a cassé l'une des plus belles branches du vieux cèdre, il va falloir la faire enlever pour qu'elle n'en entraîne pas d'autres dans sa future chute et n'écrase pas les arbustes qui sont dessous. Il faudra peut-être aussi étêter la cime..., désormais fragilisée. Quel dommage ! M'enfin, il y a par ailleurs tellement de dégâts plus importants que je ne vais pas me plaindre de si peu. Quoique... Cet arbre, qui plus est, a été planté, aux dires de l'ancien propriétaire, l'année de ma naissance, était pour moi un point de repère dans ce nouveau lieu de vie que je n'ai pas encore pris le temps de m'approprier... Pas comme Chipie, qui en a déjà fait le tour et repéré tout ce qui l'intéresse..."
Tu es sûre, Colibri, qu'Eole est parti voir ailleurs si j'y suis ? Parce que...

... même si mon véto trouve que je suis un peu enveloppée, donc bien lestée, et que je suis bretonne, le vent à décorner le diable, bouuhhh, je n'aime pas ça !

Colibri : "Mais oui, Chipie, tu ne crains plus rien, c'est le calme plat, aujourd'hui, du moins, ce matin, car, tu le sais, en Bretagne, on peut avoir plusieurs saisons dans la même journée !"

Mais, c'est détrempé partout ! Ca ne va pas arranger mon rhume...

Les oiseaux : "Hi, hi, vous avez vu la minette, en bas, elle n'ose même pas poser la patte par terre !"

Mouais... Vous avez de la chance, là-haut, Colibri m'a demandé de ne pas toucher aux oiseaux, sinon je vous prends en brochette d'un seul coup tous autant que vous êtes !
Et ce n'est pas la peine de ricaner, je n'aime pas mouiller mes papattes, et alors ???

Je vais me venger sur les mulots, eux, j'ai le droit de les chatouiller un peu, si je ne les mange pas...

Coucou, les mulots, vous êtes où, c'est moi votre copine qui aime bien vous chatouiller.
Colibri :"Il y a beaucoup de trous de mulots dans le jardin. J'adore regarder Chipie enfoncer son bras, euh sa patte jusqu'au fond, sans jamais avoir réussi à en attraper un, pour l'instant !"

Pfff... Même l'herbe a bu jusqu'à plus soif, je vais devoir écoper avant de marcher dedans...
Où aller, où aller... Bon, l'allée du fond, je n'y vais presque jamais à cause de la route qui passe à proximité. Aujourd'hui, ce n'est même pas la peine d'y songer, ce doit être un vrai bourbier...

J'en ai assez de sautiller sur les griffes, ce n'est pas la peine de m'attarder, je vais attendre le vrai beau temps pour remettre mon nez dehors. D'ailleurs...

... vite, vite, aux abris, il y a une nouvelle rincée qui se prépare, parole de bretonne !
 
Colibri : "A peine Chipie rentrée, effectivement, la grêle s'est à nouveau abattue sur le jardin ! J'ai juste eu le temps de photographier la branche cassée du cèdre, avant que le jardinier ne l'enlève...".

jeudi 4 février 2016

le rêve secret de chipie...

... voler sur le dos d'un oiseau, de préférence un colibri !!!
(cette image est empruntée au photographe dont l'image a fait le tour du web et dont on parle, notamment, ici (cliquer sur le lien) :
http://news.google.fr/news/url?sr=1&ct2=fr%2F4_0_s_4_1_a&sa=t&usg=AFQjCNFII9w4I6t5Qr3yvDlr4IvAJXgO9w&cid=52779282449341&url=http%3A%2F%2Fwww.maxisciences.com%2Foiseau%2Fl-039-incroyable-histoire-du-pic-vert-qui-volait-avec-une-belette-sur-le-dos_art34413.html&ei=bzz3VJGqDK-WigangoGACQ&rt=HOMEPAGE&vm=STANDARD&bvm=section&did=1716314344718551174&sid=fr_fr-t&ssid=t&at=dt0

Pffff..., c'est ce qu'ELLE croit ! M'enfin, Colibri, j'ai les pieds sur terre, moi, et je tiens à les y garder ! Va donc t'occuper de ma future maison, celle dont tu me rebats les oreilles depuis six mois, parce que j'en ai assez, moi, de vivre au milieu de cartons qui ne vont pas être déballés parce qu'ils vont bientôt déménager à nouveau !
Ce billet est en très grand différé puisque, depuis, nous avons effectivement déménagé, pour clore le bec, euh la parole à Chipie !


samedi 27 juin 2015

au-revoir...

... jolie Tama, bon voyage, salue mon frère Zeb au Pays de l'Arc-en-ciel pour moi !
Tama, si vous ne la connaissez pas encore, amoureux de tous les chats du monde, et admiratifs devant ceux de mes potes qui ont de hautes fonctions comme elle, qui avait boosté le chiffre d'affaires de la ligne ferroviaire où elle portait si bien la casquette de chef de gare, a fait la une il y a un ou deux jours (cliquer ICI et ailleurs sur le net pour la connaître). C'était une vedette internationale, pas comme moi, bouuuh....
Bon, il paraît que je vais bientôt déménager, alors je vais surveiller de près les opérations d'emballage qui vont durer un petit moment, et certainement plus que prévu, comme d'hab, avec ces deux que je ne comprendrais jamais !!!
Je vous dis à bientôt, moi aussi, je vais être aux abonnés absents quelque temps, vu que ma secrétaire n'est pas trop disponible pour moi...


mercredi 10 juin 2015

choisir une maison, en pensant... au chat !

Billet rédigé par Colibri
"Et le chat, il va se plaire dans votre nouvelle maison", demanda Pat, après avoir visité notre récente acquisition. Euh, vaste question, même si je sais par expérience que, pour le chat, c'est nous sa maison ambulante, et il adore ça. Enfin, quand je dis par expérience, je ne parle que par rapport à Chipie pour qui c'était une question de survie quand je l'avais embarquée pour la première fois, alors qu'elle n'y était pas du tout préparée, dans ma voiture pour un voyage de 500 km, la faisant quitter sa campagne où elle vadrouillait en totale liberté, pour la capitale où elle s'est retrouvée enfermée avec mes deux autres chats dans un maison, les sorties des chats dans la cour y étant programmées à heure fixe !
Je ne sais pas si tous les humains vivant avec des chats ont la même préoccupation lorsqu'ils choisissent une maison. Déjà, à Paris, lorsque je cherchais un nouveau lieu de vie, et dieu sait combien de fois j'ai déménagé, je tenais compte de mes chats, de la vie qu'ils auraient dans tel ou tel endroit, et, surtout, de mon angoisse de les perdre : si balcon il y avait, il ne fallait surtout pas qu'il communique avec celui du voisin ; si étage il y a avait, il fallait qu'il soit assez haut pour que l'animal ne puisse pas sauter de la fenêtre jusque dans la rue ; si jardin ou cour il y avait, il fallait qu'ils soient "sécurisés", c'est-à-dire suffisamment clos pour leur signifier des limites afin de les dissuader d'atteindre le sommet d'un mur ou d'un portail pour ensuite sauter dans la rue...
On sait qu'on n'arrête pas un chat qui veut aller vadrouiller... Ma sœur avait eu un chat qui s'était ainsi barré par le vasistas, quand elle habitait sous les toits dans le 17ème, et n'était jamais revenu, de son plein gré ou non ; le chat d'amis parisiens avait, lui, disparu par le balcon alors qu'il habitait avec eux au sixième étage et qu'il avait vaillamment expérimenté trois grands déménagements dans ses dix premières années, ayant été adopté bébé dans un pays lointain, celui du grand cèdre, puis étant revenu vivre à Marseille un certain temps, avant de disparaître ainsi mystérieusement. Un de mes derniers voisins dans la capitale, qui gardait le chat de sa fille, l'avait "perdu", pour le voir revenir trois mois après, complètement amaigri. Je n'ai pas eu de telles mésaventures avec mes chats parisiens, ni même avec Chipie la Bretonne. En dernier lieu, sur les quatre derniers qui ont partagé ma vie, elle y compris, aucun n'a manifesté plus que cela la velléité d'escalader les murs de la cour assez hauts ni de passer le portail, lorsqu'il était occasionnellement ouvert, pour se retrouver directement dans la rue, assez fréquentée par les voitures dans la journée. C'est toujours triste de ne pas savoir ce que devient un chat quand il disparaît. On peut imaginer le pire des drames, on peut aussi penser qu'il a trouvé une maison qui lui convienne mieux.
Quand Chipie a disparu à la fin de l'année dernière, une nuit, je n'ai pas pensé un seul instant qu'elle avait adopté une meilleure maison. Depuis dix ans qu'elle vivait avec nous, partagée entre la capitale et nos résidences secondaires, jamais elle n'avait passé une nuit dehors. Ce jour-là, la veille de la Saint-Sylvestre, ne la voyant pas rentrer après le dîner, on avait commencé à s'énerver car on était en plein hiver, et ce n'était pas dans ses habitudes de traîner dehors quand le temps n'est pas très chaud. Cette nuit-là, les heures passant, et tandis qu'on l'appelait toujours régulièrement et vainement par la fenêtre, on avait commencé à imaginer le pire... Au petit matin, toujours pas de Chipie, et nos appels restaient sans écho. Titou avait fait le tour du quartier en l'appelant, sans résultat. L'après-midi, j'avais imprimé une photo d'elle et on avait interrogé les voisins à plus d'un kilomètre à la ronde. Des chats, il y a en pas mal dans notre coin, et les gens qui n'en ont pas ne s'y intéressent pas forcément, un chat rayé ressemblant à un autre pour eux, c'était un peu compliqué d'avoir des témoignages précis. On n'arrêtait pas de l'appeler, on avait inspecté toutes les douves (fossés)... En passant devant un endroit où je ne l'avais jamais vue s'aventurer, j'avais demandé à Titou s'il l'avait déjà inspecté le matin. Il  m'avait répondu "oui, je l'ai appelé plusieurs fois...". Mais, je ne sais pas pourquoi, j'avais décidé qu'on pouvait encore y faire un tour, par acquit de conscience. Et là, miracle, en l'appelant, et malgré le vent, j'avais cru entendre un, "son", miaulement, sans pouvoir le situer. On avait prêté l'oreille en continuant à l'appeler, et guidés par ses appels désespérés, on avait enfin pu repérer l'endroit d'où ils provenaient : une maison abandonnée, avec, à l'étage, un carreau cassé donnant sur un toit de tonnelle délabré, des ateliers attenants grand ouverts mais ne communiquant pas avec la maison. Elle était là, bien là, derrière la porte de la maison, à brailler de tous ses poumons. En grimpant sur un tas de bois, Titou avait réussi à la localiser au rez-de-chaussée de la maison dont une échelle de meunier conduisait à l'étage. On avait essayé de l'appeler par le carreau cassé pour la faire  sortir par là, mais elle ne comprenait pas ce qu'on voulait d'elle et restait à pleurer derrière la porte du rez-de-chaussée, sortie on ne peut plus naturelle pour un chat civilisé qui a l'habitude d'avoir des esclaves pour la lui ouvrir dès qu'il leur en intimait l'ordre ! On s'étaient alors enquis auprès de voisins lointains qui nous avaient dit à qui appartenait cette maison,une dépendance, dont le propriétaire n'habite pas sur place, mais à trente kilomètres de là. Heureusement que, finalement, ici, tout le monde se connaît. Ledit propriétaire a une cousine qui est coiffeuse dans un village voisin. Ouf, on avait pu la contacter, et, heureusement, son frère, qui réside pas loin de chez nous, avait une clé de la maison ! Elle n'en menait pas large, la Chipie quand je l'avais récupérée. Elle était restée ensuite trois jours sans sortir !
J'ai toujours vécu avec des chats. A la campagne, chez mes parents, ce n'était pas un problème, ils allaient et venaient comme ils l'entendaient. Bien que domestiqués et ayant le sens du confort d'un gîte accueillant à leur disposition, ils n'en gardaient pas moins une grande liberté et un vaste territoire, que nous ne connaissions d'ailleurs pas vraiment. On les voyait au moins une fois dans la journée, et on ne s 'inquiétait pas quand il passait la nuit dehors. Mais si on ne les voyait pas au bout de deux jours, c'était parce qu'il leur était arrivé quelque chose sans aucun doute. J'avais ainsi vu Misti, notre premier rouquin préféré, revenir un jour, filer dans le grenier à toutes jambes, les yeux exorbités. A peine avais-je eu le temps de le caresser et de m'inquiéter de ce qui lui arrivait que, déjà, il était raide mort, la gueule grand'ouverte, avec plein d'écume autour. Empoisonné. C'était le jour où ma mère avait reçu une lettre du Vietnam annonçant le décès de ma grand-mère maternelle dont je n'avais aucun souvenir, l'ayant quittée quand j'avais à peine trois ans. Ma sœur et moi pleurions pour le chat et harcelions ma mère pour l'enterrer dans le jardin. Elle, sans rien nous dire, restait dans son coin, s'accrochant à cette lettre dont elle n'arrivait pas à se séparer... On pensait qu'elle s'en fichait, de notre chat mort, et on se révoltait contre son indifférence. Ce n'était que quelques jours plus tard que nous avions appris le chagrin qui la frappait, elle qui, fille unique, avait quitté son cher pays en laissant sa mère derrière elle...
Puis nous nous étions habitués à voir nos chats disparaître assez tôt : les paysans du coin n'étaient pas toujours tendres avec eux. On en retrouvait crucifiés sur les barbelés, empoisonnés dans les champs, comme notre Misti le rouquin qui avait eu le temps de rentrer mourir chez lui. Quant à notre douce Minette, c'était avec un pincement au cœur que je l'avais retrouvée, bien loin de chez nous, dormant sur le flanc pour toujours dans l'herbe fraîche d'un printemps ensoleillé, fauchée par une voiture sans doute. Je n'aurais jamais imaginé qu'elle pouvait aller si loin.
Depuis que j'ai Chipie, le premier chat né et ayant vécu à la campagne que j'ai adopté alors que je vivais encore à Paris, je relativise un peu, en me disant que la maison des chats, c'est nous, en quelque sorte. Peu importe le lieu où l'on se trouve, les repères de ce chat sont vraiment liés à notre présence. Dans les maisons qu'on vient de vendre, elle avait un vaste territoire, non loin de son lieu de naissance, dans la ferme de Louise. C'était un coin à l'abri de la circulation puisque seulement bordé par un chemin de randonnée. Au-delà, c'étaient des champs puis la mer. La grande propriété voisine, l'ancienne ferme où elle avait vécu avec sa mamie Louise, et où, à ma grande surprise, elle n'allait plus après que nous l'avons adoptée, avait été rachetée par des parisiens en résidence secondaire, ainsi que toutes les habitations alentours, aucune n'étant plus occupée à l'année. Elle vadrouillait beaucoup mais rentrait toujours faire la sieste à l'intérieur de la maison. Et jamais, elle ne passait une nuit dehors, même si, l'été, il lui arrivait de ne rentrer que vers 3h du mat quand même les mulots sont déjà couchés !
Ici, la maison qu'on occupe actuellement depuis un an est située dans un quartier habité à moitié par des autochtones toute l'année, il y a une route principale où roulent parfois des engins agricoles ou autres camions d'entreprises du bâtiment, mais le terrain est symboliquement clos par des portails et par un grillage. Les premiers jours, j'avais laissé sortir Chipie, en en faisant le tour avec elle et en lui faisant comprendre qu'en dehors de ces limites, ce n'était plus chez nous. Elle avait très bien compris. Puis je l'avais laissée libre d'aller et venir, en la surveillant du coin de l'oeil à partir de mes fenêtres. Il lui suffisait de passer sous le grillage ou de sauter sur les rochers du jardin, ou de faire la funambule sur les horribles voiles de béton séparatifs de propriété pour atterrir sur les terrains immédiatement voisins, ou encore de traverser notre voie privée pour se retrouver sur les propriétés un peu plus éloignées. Je l'avais même vue traverser la route principale une fois. Je ne sais pas ce qu'elle fait exactement lorsqu'elle est dehors. Mais ici aussi, elle rentre faire la sieste et ne découche jamais, volontairement donc, au regard du précédent épisode qui aurait pu être dramatique. Elle aime bien ce quartier où même les services de la mairie ne passe pas pour capturer les chats errants. Je suis plutôt rassurée de savoir qu'il n'y a pas de danger potentiel pour elle.
Aussi, lorsque j'ai visité des maisons pour en acheter une nouvelle afin de m'y installer pour un bon moment (euh., c'est fatigant, à mon âge, les déménagements, je n'ai plus 20 ans !), j'ai évidemment pensé à la sécurité du ou des chats, je ne me vois pas vivre sans eux, et je ne me vois pas non plus m'angoisser à longueur de journée pour savoir ce qu'ils font, j'ai immédiatement pensé aux dangers qu'ils peuvent encourir, aux risques de les perdre facilement dans tel ou tel lieu trop incertains...
Parmi les maisons visitées, en plein bourg ou en rase campagne, il y en avait une, d'une belle architecture contemporaine, presque les pieds dans l'eau, qui nous avait un peu accrochés, Titou et moi. Les volumes étaient très intéressants, le sous-sol total à aménager pouvait nous permettre de faire une vraie salle de cinéma pour une cinquante de personnes, tout ce dont on rêve pour revoir en bonne compagnie nos milliers de vieux classiques en cassettes ou DVD ! L'intérieur venait d'être achevé, tout était neuf et il n'y avait aucuns travaux avant emménagement à prévoir. Et alors ? Le hic : le grand terrain qui descend jusqu'au bord même de la mer n'est pas clos, ni même à l'entrée de la maison où passe une route assez circulante en saison. J'imaginais déjà le coût des seuls travaux de défrichage et de clôture en bonne et due forme d'un terrain de plus de 2000 m² !
Heureusement qu'on avait déjà en tête une autre maison visitée avant, en caillou celle-ci, qui nous avait vraiment charmés lors de la première visite. Le caillou, plus il est vieux, et plus on l'aime, surtout lorsqu'il est en bon état ! Et, fantastique, le grand jardin principal est clos, côté champs et mer, d'un mur dont Chipie ne pourra pas atteindre le sommet, à moins de devenir recordcat du saut en hauteur, ainsi que, côté rue, de talus assez élevés surmontés de haies très denses, presque infranchissables, même si, on le sait, ce ne sera rien pour un chat de les escalader ou de s'y frayer un passage, et de sauter sur la chaussée, sauf que, pour remonter, aïe, aïe, aïe, e sera plus compliqué pour lui, je ne suis pas sûre qu'il y arriverait d'ailleurs... Mais le fait qu'il y ait des "limites" déjà matérialisées est une bonne chose, Chipie en connaît la signification, surtout lorsque je lui dis "non", elle semble comprendre que c'est pour sa sécurité, son bien (enfin, je me plais à le croire, hi, hi !), et, même si, dans mon dos, elle transgresse les interdits, elle le fait avec prudence... Je l'ai déjà vu se planquer dès qu'elle entend des pas étrangers, lorsqu'elle n'est pas dans le périmètre de notre maison, alors que lorsque nous avons des invités sur son territoire, elle les regarde d'un air méprisant signifiant : "T'es qui, toi, on a été présenté ? Non ? alors je ne te parle pas !". C'est un de nos amis d'un manoir voisin qui a eu cette impression, lui qui est peu habitué au chat mais adore les chiens !
C'est seulement après l'acquisition de cette petite propriété qui répond à nos besoins actuels et maintenant que j'y vais pour surveiller quelques travaux, que je commence à angoisser... Ah, chassez le naturel... La plupart de mes chats parisiens ont eu une longue vie heureuse et m'ont quittée au soir de leur âge, quand je les ai aidés à partir sans souffrir inutilement après avoir partagé une vingtaine d'années avec eux. Je souhaite tellement que ce soit le cas de tous les chats, de tous les animaux qui vivent étroitement avec des humains, la souffrance animale étant pour moi une écorchure à vif lorsque j'en suis témoin : ils ne peuvent s'exprimer et restent tellement dignes dans la maladie comme si c'était inéluctable qu'ils doivent subir ce qui leur arrive sans avoir la possibilité de se plaindre... Mon Zeb est parti en deux jours, après avoir perdu plus d'un kilo en une journée... Par ici, il n'est pas rare de voir des chats fauchés ou écrasés sur la route, chaque fois j'en reste toute retournée. De même pour les hérissons, les lapins, et même les chiens que, dans ce monde rural un peu rude, les propriétaires ont tendance à laisser en liberté totale sans s'émouvoir plus que cela de ce qui peut leur arriver. Une nouvelle amie en est à son troisième chien depuis que je la connais, c'est-à-dire même pas deux ans, et, quand je me hasarde à lui demander pourquoi elle les laisse vadrouiller partout en bordure de route, elle se contente de hausser les épaules comme si ma question n'avait pas plus de sens que cela...
Or je me suis aperçue que, dans notre nouvelle maison, le balcon de la future bibliothèque donnera... directement sur le mur que le chat n'est pas censé pouvoir atteindre ! Et, en suivant ce mur, il arrivera directement sur le toit des dépendances de l'arrière-jardin, d'où il pourra alors vadrouiller à sa guise dans les vastes champs qui longent notre propriété dont la seule limite symbolique de ce côté-là, pour les humains, est une haie clairsemée d'hortensias (envahis par les ronces !), sans même une barrière avec l'ancien corps principal du bâtiment toujours occupé par les derniers héritiers de cet ensemble immobilier désormais partagée en deux, dont nous avons donc acquis une partie. Sans compter aussi les portes dans le mur qui séparent les deux jardins...


... A lui, alors, les vastes étendues avant la mer. Je passe du temps à regarder ce mur et à réfléchir à une solution, mais je crains bien qu'il n'y en ait aucune d'efficace, si ce n'est celle de priver le chat de sa liberté de sortir ou d'être très proche de nous dans tous les instants de sa vie à l'intérieur ou à l'extérieur...

... je ne me vois pas fermer toutes les portes, même celles de ce mur séparatif de nos deux terrains, car Chipie aime bien jardiner avec nous, et je serais la première malheureuse de ne pas l'avoir sur mes talons quand je taille les petits arbustes ou fleurs fanées, désherbe occasionnellement les massifs...
J'avais commencé à suggérer qu'on gardera toutes les portes extérieures fermées quand Chipie (ainsi que ses autres futurs frères ou sœurs !) sera dans le jardin principal, que la porte-fenêtre de la bibliothèque restera toujours close, mais Titou m'a dit que ce serait irréaliste, qu'il est évident qu'on ne va pas passer sa vie à surveiller les portes intérieures lorsqu'on lira sur le balcon ou extérieures lorsqu'on devra jardiner d'un terrain à l'autre !!! Sans compter que, personnellement, j'ai horreur des portes fermées, dedans ou dehors, c'est mon côté 100% claustrophobe !
J'ai toujours autorisé mes chats à aller et venir librement dans toutes les pièces de la maison, je ne me vois pas commencer aujourd'hui à interdire à Chipie la bibliothèque, lieu où, comme on le sait, un chat adore venir squatter les genoux de ses humains qui ne lui servent, somme toute, que de coussins chauds et confortables ! Et Chipie aime bien jardiner avec nous, je ne me vois pas non plus lui interdire de nous suivre partout dans les jardins...
Bref, avoir des chats en appartement était simple, mais, à la campagne, en pleine nature, ou en agglomération, dans un milieu semi-rural, leur laisser totale liberté d'aller et venir n'est pas toujours de tout repos d'esprit : quand on doit s'absenter pour la journée, je veille toujours à ce que Chipie reste dans la maison ; je ne dors pas tranquille quand elle, qui est pour l'instant le seul de mes chats qui a pu, peut jouir du privilège de vivre dans la nature, n'est pas rentrée. On est plutôt du genre largement après minuit, mais quand même, attendre le chat jusqu'à 3 h du mat. ou être obligé de lui laisser une fenêtre ouverte en plein hiver, c'est pas humain ! Et sa seule et unique, pour l'instant, mésaventure récente m'a fait prendre conscience que tout est possible, malgré tout ce qu'on peut faire pour les préserver au maximum...

Chipie en train de m'aider dans l'ancien jardin !
Notre ancien jardin va manquer à Chipie, elle a participé à presque toutes les manoeuvres du début jusqu'à la fin : défrichage, bêchage, plantations, arrosage intensif à chacune de nos venues... C'est triste de quitter tout cela, quand, enfin, le jardin est devenu "adulte", sans presque plus rien à y faire, sauf à l'entretenir et... à se reposer, n'est-ce pas, Chipie ?! J'aime bien quand elle reste à proximité de moi quand je jardine.
Même s'il y a pas mal à réaménager dans le nouveau jardin, je suis optimiste, il est déjà dessiné. Reste qu'il est délicat de reprendre un jardin car, de toute évidence, Il y a des sujets à supprimer, c'est toujours un crève-coeur, non seulement de tronçonner des arbustes ou arbres qui étaient là bien avant moi, avec, sans doute une valeur sentimentale pour celui qui les a plantés puis vu grandir.. L'une des venderesses me racontait lors de la vente le plaisir qu'elle avait, enfant, à se cacher sous ce cyprès jaune... Dans l'ancien jardin, Chipie a vu tous les arbres et arbustes pousser, elle a laissé ses marques partout sur leur tronc, je me souviens de sa mine dépitée quand on avait dû abattre un pommier planté dans un mauvais endroit par rapport au nouveau tracé pour rejoindre une propriété qui n'était pas encore à nous au moment où on avait installé l'arbre...

Avant qu'elle ne prenne connaissance de son nouveau terrain de jeu, où elle aurait certainement adoré ces sujets, le cyprès jaune et une bruyère méditerranéenne, que j'ai fait arracher, où nichent de nombreux oiseaux au printemps et où elle pourrait trouver cachette à son guise, j'ai sévi donc sans état d'âme !
Avouez que ce n'est pas terrible, hein, ces masses informes sans grâce ! On peut préférer... cette espèce de décoration végétale, qui pourrait faire un excellent griffoir pour les chats ! Mais, mince alors, ma Chipie, c'est au programme du jardinier d'enlever cette souche et de préparer le parterre pour mes nouvelles plantations ! Je réfléchis déjà à ce que je vais pouvoir planter, avec ta participation, à ces endroits, pour ne pas trop nuire à l'impression d'espace de l'ensemble du jardin, sans trop nous exposer cependant à la vue des voisins très proches, même si, de la voie publique, on ne soupçonne pas du tout l'existence de notre maison, bien planquée par les talus surmontés de haies très denses côté rue... C'est ce qui me tracasse un peu, par rapport au chat, car ces haies ne sont pas infranchissables pour lui...
J'ai promis à Chipie de l'emmener découvrir son nouveau royaume très bientôt, dès que les gros chantiers seront terminés à l'intérieur, car je ne voudrais pas qu'elle laisse des poils sur la peinture fraîche, avec sa manie de se frotter partout quand elle arrive dans une nouvelle maison ! J'ai hâte de voir sa réaction...
En attendant, je profite par intermittence, entre deux contrôles de chantier, des roses du jardin : pour mon grand bonheur, celui-ci était abondamment planté en rosiers, de toutes les couleurs, il faudra juste les reprendre un peu en main l'année prochaine, au bon moment pour avoir des fleurs abondantes et magnifiques ! J'ai pris le jardin trop tard cette année, elles fleurissent un peu désordonnées sur des tiges mal ou non taillées, mais cela leur confère un certain charme sur les vieux murs.




mercredi 29 avril 2015

Chipie et Gremlin le Gentil

Gremlin le Gentil, ainsi nommé par nous !
Le film en fin de billet.
CHIPIE : Ah mais ! Non seulement il me suit partout, mais encore il n'arrête pas de vouloir me taper ! Au secours, Colibri, fais quelque chose !
COLIBRI : Débrouille-toi avec lui, et avec les autres aussi, parce que, moi, j'en ai assez de faire l'arbitre entre vous, dehors, dedans. Mais pourquoi tu les ramènes tous à la maison, tes potes ! Après, ils font les Tanguy, j'ai vraiment mauvaise conscience de devoir les chasser quand je dois fermer pour partir, et avant, cela, de les sortir de dessous le lit ou autre avec un balai !!! M'enfin, je ne peux pas vous laisser tous dans la maison sans savoir quelles bêtises vous allez faire, si je ne vais pas retrouver mon bureau sens dessus dessous. Sans compter que tes potes, ils ont aussi une maison, leurs bipèdes peuvent les chercher et s'inquiéter ! C'est vrai que je ne sais où sont leurs maisons, à tous, si elles sont ouvertes toute la journée pour qu'ils puissent rentrer s'il pleut, vente trop...
CHIPIE : Mais t'as dit que j'allais avoir des petits frères ou des petites sœurs bientôt ! Ça fait presque un an maintenant, et je ne vois toujours rien venir... Alors, j'ai pris les choses en main !
COLIBRI : C'est qu'entre-temps, on a changé nos projets, ma Chipie, on va encore déménager bient...
Une découpe dans le grillage
pour Chipie au bout du jardin
CHIPIE : Oh non, oh non, c'est trop bien ici, j'ai un grand territoire sécurisé : notre maison, le jardin clos mais avec des accès sur l'extérieur, tu sais, ces trous que tu as fais dans le grillage, un pour moi, un pour Jolicoeur. Je peux sortir du jardin pour vadrouiller partout, partout, sans passer la route, il y a de vastes terrains de jeux tout autour de la maison, sans circulation sauf notre voiture et celles du voisin qui te prête son hangar pour les meubles parisiens que tu n'as pas pu caser dans cette maison. Hi, on vit presque dans un condominium ! Je peux même aller faire la sieste sur la terrasse chaude plein sud d'Yvonne...
... une autre pour Jolicoeur, à l'entrée ! Lui, il est à géométrie variable,
quelquefois il a du mal à passer, il est alors temps de le mettre au régime !
COLIBRI : Ben oui, mais je ne veux plus te voir chez Yvonne, hein, parce que la dernière fois que tu y es allée, tu as suivi le gros Marcel qui aime bien les chats, tu as passé la route et tu t'es retrouvée enfermée dans sa maison alors qu'il ne l'habite même pas, qu'il était juste venu faire un peu de rangement. Tu as eu de la chance que j'aie eu de l'intuition et que je sois quand même allée inspecter par là-bas pour te retrouver. Sinon, à l'heure qu'il est, tu serais morte de faim, et peut-être même de froid. Je te rappelle que tu nous as fait ce coup juste la veille de la Saint-Sylvestre, vilaine fille !
CHIPIE : Ben... pas fait exprès. Avoue quand même qu'une seule fugue (ce n'est même pas une fugue, puisque c'était involontaire !) en dix ans, il n'y pas de quoi en faire un drame. Mais je vous entendais m'appeler la nuit, bravo, les voisins devaient être contents à vous entendre hurler mon nom à 3, 4, 5h du mat, hi ! Et ton dadais de grand blond, il était bien passé à côté de la maison de Marcel, le matin, en m'appelant désespérément, mais comme il est sourd comme un pot, il ne m'a pas entendu brailler à me rompre les cordes vocales pourtant !
COLIBRI : Un jour de vent, comment veux-tu qu'il t'entende !!! Et il faut avoir pitié de lui, tu verras, quand tu vieilliras, tu vas devenir sourde aussi ! D'ailleurs, je crois bien que tu l'es déjà un peu, non ?
CHIPIE : Pfff... C'est quand je veux... Et puis, ce n'était pas malin de montrer ma photo à tout le monde, maintenant on va me montrer du doigt comme la "fugueuse" !
COLIBRI : Pas de risque, tout le monde pensait qu'on cherchait Jolicoeur... Tu sais, ici, tous les chats rayés se ressemblent pour eux. Au moins, lui, Jolicoeur, il n'est pas bête, il ne se ferait pas enfermer dans une maison où il n'y a jamais personne ! Et pourtant, avec tous les gîtes qui ne sont occupés qu'occasionnellement, cela pourrait être dangereux pour lui...
CHIPIE : Oui mais lui, il a sûrement plusieurs maisons parce que, parfois, tu le dis toi-même, on se demande où il passe pendant cinq jours sans venir manger... Et, comme par hasard, quand il y a du poulet ou du lapin, on le voit deux fois dans la journée ! Un goinfre, je vous dis ! Tu ne vas pas l'adopter, hein ? D'abord, tu sais bien, il fait pipi partout, et debout en plus ! Et c'est un chat voleur, tu as toujours dit que tu n'admettrais jamais cela à la maison ! Tin, tin, vas-y pour l'éduquer, maintenant, ce gros patapouf qui mange à tous les râteliers, qui ne veut même pas jouer avec moi, qui fait semblant de ne pas me voir quand il traverse la cour pour venir se restaurer. Et paf, tout de suite, il saute sur le rebord de la fenêtre de la cuisine, sans un regard pour ma jolie personne, et toi tu te précipites comme une servante dévouée à lui couper tout de suite sa viande. Et il faut vous voir, tous les deux, toi et le grand blond, vous lever quand il s'en va, du genre "le roi s'en va, tout le monde se lève"...
COLIBRI : Oh, tu as fini, tu me fais une crise de jalousie ou quoi ? On se lève seulement pour essayer de savoir quelle direction il prend, où il va, essayer de repérer son antre...
CHIPIE : Hi, c'est raté, il t'as semée, l'autre jour, hein ?! Tu ne sais pas encore sauter par-dessus les haies, hi, hi !
COLIBRI : Oh, mais si tu continues, c'est ma main qui va sauter sur tes petites fesses bien dodues !
CHIPIE : Sans rire, Colibri, on ne va pas déménager, hein ?
COLIBRI : Si... Ca y est, on a déjà acheté la maison, il faut seulement prendre le  temps de déménager. Mais tu verras, là-bas, il y a deux fois plus de place qu'ici, plein de pièces pour nous, pour les amis..., un balcon d'où on voit la mer..., tu verras, on y sera très bien, et on pourra alors te trouver un ou deux frérots...
CHIPIE : mais je m'en fiche de la mer, beurk, j'aime pas l'eau ! Un jardin, un jardin, je veux un jardin !
COLIBRI : Tu en auras même deux ! Il y en a un assez grand, entièrement clos, et quand tu en auras fait le tour avec tes petites papattes de mémère (si, si, ma Chipie, tu as plus de 11 ans, maintenant, ça commence à chiffrer, c'est dire qu'on a presque le même âge !), tu seras épuisée ! Regarde, il y a même une porte qui donne sur un deuxième jardin, si toutefois, tu n'avais pas assez d'espace dans  le premier. Mais interdit d'en dépasser les limites, hein, parce qu'après c'est le champ du voisin, et après encore, tu risquerais de te noyer dans la mer à marée haute...
CHIPIE : Non, non, pas un jardin trop clos, je veux que les petits copains puissent venir jouer avec moi...
COLIBRI : Mais c'est promis, dès qu'on y sera installés, tu auras des petits frères, ou petites sœurs...
CHIPIE : Des petites sœurs, c'est peut-être bien, parce que les garçons, ils sont turbulents ! Regarde ce chenapan de Gremlin, il m'épuise ! Et il énerve même Jolicoeur, regarde les, tous les deux, en train de se chamailler sur les claustras d'Yvonne !!!

COLIBRI : Attends, je  présente à nos lecteurs Gremlin Le Gentil :



C'est le chaton de la jeune voisine, il a fait copain avec Chipie et a pris l'habitude de venir nous saluer tous les matins. Comme il est dehors très tôt, il attend patiemment, qu'il vente ou qu'il pleuve, à la fenêtre de mon bureau qui sert de passage à Chipie.

Dès qu'il entend du bruit dans notre maison, il dresse ses grande oreilles de gremlin ! J'ouvre la fenêtre et il attend que Chipie se pointe. Il lui saute alors au cou pour jouer, mais elle n'est pas toujours d'humeur. Je les envoie alors régler leurs comptes dehors parce que j'aime bien prendre mon p'tit déj. dans le calme ! C'est qu'il est effronté, le chenapan ! Celui qui attaque, c'est le petit ! Chipie, elle, fait semblant de se laisser dominer...



Euh... c'est une autre histoire, quand le petiot croise Jolicoeur, qui est trois fois plus grand et gros que lui !!! Gremlin a pris goût à se promener sur les claustras de sa voisine directe, là où, parfois, Jolicoeur s'aventure aussi. Heureusement que leur différence d'âge (le chaton n'a pas encore cinq mois) fait que cela se termine plutôt bien, Gremlin ne demandant jamais son reste longtemps et Jolicoeur n'ayant qu'une hâte, que ce gringalet le laisse venir tranquillement manger chez nous, en face !

Jolicoeur, c'est ce chat magnifique que les lecteurs de ce blog connaissent déjà bien. Il est très présent dans notre vie pour l'instant, tant que nous habitons cette maison et ce quartier, qui est son territoire, et cela me serre le coeur de savoir que je ne pourrai pas l'emmener avec moi dans notre future maison où l'emménagement est imminent. Je ferai un billet pour expliquer tout cela bientôt. Il est magnifique, n'est-ce pas, ce matou indomptable ?! Un vrai fauve, pas comme nos "mogwaï" de service !!!



C'est le maître incontesté du quartier. Il doit avoir un peu plus de deux ans maintenant. Lors de nos séjours intermittents ici, c'était le seul chat que je voyais quotidiennement. Mais depuis que je suis à demeure dans cette maison provisoire que nous quitterons bientôt, il m'est arrivé d'en croiser quelques-uns, des adultes plus ou moins livrés à eux-mêmes. Et, depuis le printemps, quelques jeunes chats aussi ont fait leur apparition dans le coin. J'espère qu'ils ont tous des maisons. Il semble qu'ici, beaucoup de gens prennent des chats mais les abandonnent assez facilement.. Heureusement qu'il n'y a pas de "rafle" par les services de la mairie qui oeuvrent régulièrement pourtant dans le secteur....
Les matous qui viennent chez nous en suivant Chipie n'ont pas l'air malheureux, plutôt sympas et assez familiers, tel ce rouquin qu'on appelle l'Affreux à cause de sa tache sur le nez, pas joli, joli ! Il fait la cour à Chipie et la suit parfois jusqu'au bord de ma fenêtre de bureau.
Quant aux jeunes chatons de l'année,il y a un gros patapouf, rouquin aussi, à peine plus âgé que Gremlin Le Gentil, ils font front quand Chipie n'est pas de bonne humeur, sur le rocher d'en face, sans oser venir la déranger !

Mais pas un jour ne passe sans que notre mogwaï ne franchisse le pas de notre porte pour me gratifier d'un gloussement joyeux et se rouler à mes pieds, il aime beaucoup notre maison, et j'espère que les futurs occupants seront aussi accueillants avec lui que nous. En attendant, je m'inquiète déjà de savoir comment je vais pouvoir contrôler la Chipie avec cette porte qui donne nulle part et ailleurs, ou quelque part sur la mer... quand elle est là !